Il est clair qu'Einstein à
fait connaître à la physique moderne un bond énorme. La théorie
de la relativité générale a supplanté la théorie de Newtonienne de la gravitation et
passé avec succès tous les test expérimentaux et observationnels.
Pourtant,
cette théorie reste apparemment inconciliable avec la physique quantique
(à savoir un ensemble de lois découvertes il y a 70 ans et auxquelles la nature
obéit rigoureusement.
Rappelons les 4 forces/interactions fondamentales:
-l'électromagnétisme (s'exerce entre
particules chargées)
-l'interaction
faible (responsable de certaines désintégration
nucléaire)
-l'interaction
forte (permet la cohésion des particules à
l'intérieur des noyaux atomiques)
-la
gravitation
(attraction mutuelle entre les corps matériels)
Les 3 premières forces peuvent être combiné dans ce que
l'on appelle les théories de la grande
unification.
Il
n'existe pas de "version quantique" de la gravitation.
Cette dernière contient un certain nombre de quantités, comme les masses
relatives de différentes particules, qui ne peuvent être prédites par la
théories mais qui doivent être choisies pour cadrer avec les observations.
La principale difficulté pour trouver une théorie unifiant la gravitation et les
autres forces est que la relativité
générale est une théorie "classique", c'est à dire qu'elle ne contient pas
de principe d'incertitude comparable à celui existant en mécanique
quantique. Le premier objectif conduisant à une unification de la
physique sera donc de combiner la relativité
générale avec le principe
d'incertitude.
Si on essaye de combiner ces deux principes , il n'y a
que deux quantités à ajuster: l'intensité de la gravité et la valeur de la constante cosmologique (vitesse
d'expansion de l'univers).
Tentatives
d'unification
Albert
Einstein fut le premier physicien à tenter d'élaborer une théorie
unificatrice dans les années 1910. Ses travaux sur la relativité lui
faisant présumer l'existence d'une théorie commune pour les forces
électromagnétiques et gravitationnelles, il essaya en vain, durant les trente
dernières années de sa vie, de concevoir un modèle où forces et particules
seraient représentées uniquement par des champs, les particules n'étant rien
d'autre que des zones du champ où les valeurs d'intensité seraient
particulièrement élevées. Mais l'avènement de la théorie quantique
et la découverte de nouvelles particules sonnèrent l'échec d'Einstein, qui
ne pouvait réussir dans sa tâche en s'aidant uniquement des lois de la relativité et de
la physique classique.
Cette quête fut relancée dans les années 1960 sous
l'impulsion des physiciens américains Steven Weinberg et Sheldon
Glashow, et du physicien pakistanais Abdus Salam. Ces trois
chercheurs parvinrent à unifier l'interaction nucléaire faible et l'interaction
électromagnétique en faisant appel à des symétries
internes, symétries portant sur les propriétés intrinsèques des
particules (charge, spin, etc.) et non sur leurs positions spatio-temporelles.
Selon cette théorie connue sous le nom de théorie
électrofaible, les photons, responsables des interactions
électromagnétiques, appartiendraient à la même famille que les bosons
intermédiaires W et Z, qui gouvernent les interactions faibles.
En 1976,
apparut le nom de supergravité.
Elle se base sur la supersymétrie (1974) associant à chaque particule de matières (fermions:
spin 1/2 et 3/2), une particule support de forces (bosons: spin entier:
0,1 et 2) et réciproquement. La supergravité combine une particule de
masse nulle et de spin 2, le graviton à d'autres particules de spins 3/2,
1, 1/2 et 0. Toutes ces particules pouvant être considérées comme faisant partie
d'une "superparticule".
Aujourd'hui, les scientifiques tentent de
combiner les quatre types d'interactions à l'aide de théories de supersymétrie et de supergravité
mais le problème s'avère très ardu, les physiciens ne parvenant pas à englober
l'interaction gravitationnelle dans leur théorie unificatrice. Pourtant,
après des décennies d'échecs, la théorie
des cordes semble ouvrir de nouveaux horizons...
Théorie des
cordes
Il plusieurs théories des cordes, dont 5 sortent du
lot. Elles reposent toutes sur l'idée de ne pas considérer les objets fondamentaux de la physique comme des particules
ponctuelles (de dimension 0) mais des entités de dimension
1, dotées d'une longueur très petite. Les différentes
particules que nous connaissons apparaîtraient alors comme différents
modes de vibration d'une corde (de la même façon que
chaque mode vibration d'une corde de guitare correspond à une note). La
multiplicité des théories pose la question : une des théorie est elle plus
exacte que les autres? La réponse fut apporté grace au travaux de plusieurs
équipes dont notamment de E. Witten. En fait chacune des théories est un
cas particulier d'une théorie plus générale utilisant la supersymétrie.
Les théories des cordes semblent cependant n'être valables que si l'espace temps
possède 10 ou 26 dimensions au lieu de nos 4
habituelles! Si elles existent pourquoi n'en voyons nous que 3 d'espaces et une
de temps? En fait, on suppose que les autres dimensions sont courbes dans un espace de très petite taille.
On
imagine alors que dans un univers primitif toutes les dimensions étaient sous
cette forme et que certaines dimensions (celles que nous connaissons) se sont
ouvertes.
L'idée d'un nombre de dimensions supérieur à 4 n'est pas nouvelle
et prend sa source dans l'hypothése émise par un mathématicien germano-polonais
en 1919, Théodor Kaluza.Ce dernier énoncait une
théorie qui, à première vue, unifiait avec élégance
l'électromagnétisme et la gravitation, en considérant
notre universe comme ayant 5 dimensions. Cette théorie fut améliorée par Oskar
Klein, un physicien suédois, en 1926, il estima notament la taille de la 5e
dimension come étant de l'ordre de 10e-35m. Vers 1930, la théorie Kaluza-Klein tomba dans l'oubli
ou plutot s'effaca devant la déferlante de la mécanique quantique.
Deux types de cordes sont envisageable: ouvertes et fermée. Une corde typique
serait si petite qu'il faudrait en mettre 10e20 bout à bout pour atteindre le
diamètre d'un simple proton. Il n'existe sur Terre aucun moyen de tester en
laboratoire de façon expérimentale la structure de la matière à cette échelle,
il faudrait pour cela un accélérateur de particules plus grand que la Terre
elle-même.
Alors que le chemin d'une particule normale dans l'espace temps
est une ligne (ligne d'univers), le chemin d'une corde sera une surface
bidimensionelle (feuille d'univers), une bande ou un
cylindre selon le type de corde.
Deux morceaux de cordes peuvent s'ajouter
pour former une seule corde. De même, un morceau de corde peut se diviser en 2
cordes. Ainsi, l'émission ou l'absorption d'une
particule par une autre peut se traduire en terme de "cordes" par la division ou la jonction de cordes.
Ainsi, dans un
modèle proposé en 1988, la lumière, décrite par des cordes ouvertes, peut se
propager dans les trois dimensions qui nous sont familière, alors que la
gravitation, représentée par des cordes fermées, peut se propager dans les
dimensions parallèles envisagées par la théorie des cordes.
Les physiciens mathématiciens sont très intéressés par les implications de la
théorie des cordes : tout en fournissant une explication du comportement
connu de particules comme les électrons et les protons, elle donne une
description de la gravitation en
termes de comportement de cordes vibrantes ayant la forme de boucles. De
nombreux physiciens estiment que les supercordes
constituent donc le meilleur espoir de pouvoir développer un jour une "théorie du tout" fondamentale.
Peut-il y avoir réellement une
théorie unique?
En fait, il semble qu'il y ait 3
possibilités: